Le vin est-il mémoire ? Réflexions autour du vin.

Le vin est-il mémoire

Le vin est-il un produit de mémoire, mémoire de la terre, mémoire du goût, mémoire d’un temps passé, d’un moment partagé ? Qu’est-ce que réellement le vin autre que du raisin fermenté ?

On pourrait croire que le vin n’est que du raisin écrasé, fermenté, bu pour fêter, pour se remémorer des instants, se divertir. Mais cette boisson, née de la nature et du temps n’est-elle qu’une trace du temps passé ?

Pour créer une cuvée il ne suffit pas seulement d’avoir des raisins : il faut un terroir composé d’un sol, du soleil, de la pluie, de petits animaux, de produits chimiques ou non, de la main du vigneron, de pentes escarpées. Tous ces éléments sont ce que l’on appelle « terroir ». 

Ils ont chacun un impact qui se retrouvera plus tard sur le raisin puis, par conséquent sur la cuvée que vous dégusterez. 

Mémoire de la terre, le terroir

Le raisin va s’imbiber d’une histoire et de mémoires. L’histoire d’un sol argilo-calcaire, l’histoire de petits cailloux, l’histoire d’e la main rigoureuse du vigneron ou d’une vigneronne passionnée, l’histoire d’une sensibilité, d’une famille parfois et surtout l’histoire d’une année que l’on nomme millésime.

Tout cela fait de votre vin un produit de mémoire, un produit de patrimoine que l’on sirote, que l’on savoure, que l’on déguste.

Pour reconnaître le goût, pour se rappeler d’un « château », vous utiliserez vos souvenirs. 

Au plus profond de votre mémoire, balades en forêt, odeurs du marché, du rôti du dimanche, traditions de votre grand-mère, parfum d’une fleur, parfum de votre père, tous ces menus détails de souvenirs, de mémoire encore une fois (j’insiste) vont se retrouver dans votre vin. 

Et ce sont tous ces instants vécus, gravés dans votre cerveau, qui ressortiront au moment de la dégustation. Ce sont ces arômes de fraise et de framboise celles vous aviez l’habitude de grignoter, que vous ressentirez dans votre verre. 

C’est le souvenir ferreux, parfois d’une odeur de pluie, que vous découvrirez sur le bout de la langue. 

Ce sera également la douceur d’un tanin qui vous caressera le palais délicatement qui désignera le vin à déguster immédiatement. Ou la jeunesse de ce même tanin qui, simplement, se manifestera à votre bouche pour vous dire : “regarde comme je suis encore rugueux, comme je peux grandir et devenir plein de sagesse avec le temps » c’est ce qui indique le vin de garde.

Pour avoir une bonne connaissance de la viticulture, de l’oenologie, il vous faudra travailler. Plus vous dégusterez, vous vous entraînerez, prendrez le temps de siroter votre verre, plus vous prendrez attention au vin, plus il sera facile de se souvenir des caractéristiques d’un merlot, d’un Beaujolais, d’un Côtes-du-Rhône ou encore d’un château en particulier, d’un millésime. 

C’est la répétition de ce travail d’apprentissage qui va se mettre en place votre cerveau, qui feront remonter les informations et vous donneront de nouvelles capacités comme la découverte de nouvelles odeurs par exemple.

Alors peut-on dire que le vin est plus un travail de mémoire plus qu’un travail de techniques qui s’applique à la mémoire? 
Comment apprendre le vin ?

Je n’ai pas la réponse. J’aime me dire qu’il me chuchote des histoires, qu’il me suit sur des anecdotes, qu’il met en avant une année, une personnalité. J’aime qu’il accompagne mon plat et qu’il l’enveloppe, le dynamise et me crée des souvenirs qui resteront présents dans ma mémoire. Ces souvenirs que je pourrai un jour transmettre à mes enfants, à des personnes souhaitant découvrir le vin, à vous, intéressés par cette discipline puisque vous êtes sur ce site. À tous les amateurs de la demi-bouteille et de vins français.

Si j’ai eu envie de vous écrire ces lignes, c’est aussi pour vous parler d’un autre récit d’émotion. Un récit qui va parfois un peu trop loin, quand on n’en boit trop. Qui peut rendre malade comme toutes les histoires d’amour un peu trop fortes. Qui peut rendre addict et c’est pour cela qu’on le manie avec des pincettes.

Parfois, le vin n’est pas toujours mémoire. Quand on le consomme trop, on oublie ce que l’on fait. On oublie les histoires. On oublie ce que l’on boit. Il devient outrance, il en faut toujours plus, encore un verre et un autre. Il va servir de doudou pour se réconforter d’une mauvaise nouvelle, mais il peut aussi servir de victoire pour fêter un heureux événement.

Alors les vin est-il une émotion ou plutôt mémoire ? je n’en sais rien encore une fois. 

Je le préfère souvent mémoire, pour le garder un petit peu en secret pour moi puis, souvent le partager avec des amis. 

J’aime qu’il soit une part de mon ego, une trace d’amour sur une table. 

J’aime que certaines bouteilles me fassent penser à mon père, à ma mère ou encore une autre à mon frère ou des amis. 

J’aime l’idée d’ouvrir une bouteille qui fera plaisir à tout le monde ou, plusieurs petites, pour satisfaire tous les goûts, tous les arômes, tous les repas. 

J’aime me rendre compte qu’en fonction de la technique le goût du vin change, la texture se transforme. Des structures peuvent apparaître, il peut être un petit peu trop chaleureux parfois, au nez exubérant et la bouche assez plate. D’autres fois, il est juste un travail de finesse et d’équilibre. 

Il est comme ça le vin, on ne sait jamais vraiment à l’avance ce qu’il va nous donner. On sait simplement qu’après ouverture, qu’il va tendrement s’ouvrir et nous créer des souvenirs.

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