Cahors, de nouveau parmi les cadors

Cahors, de nouveau parmis les cadors

Et si on causait aujourd’hui d’une petite appellation du Sud-Ouest ?

Parlons de CAHORS.

Alors pour situer, vous voyez le Lot ? Non ? Ben c’est là-bas.

Appellation située entre vallée de la rivière susnommée (quel chanceux ce nommé) et causses du Quercy. En gros, des causses ce sont des plateaux (calcaires dans ce cas précis). A quoi bon faire simple ?

Une appellation fantastique, passée par tous les états.

Tantôt considéré très qualitatif, à concurrencer le Bordeaux, tantôt à servir de vinaigre ou désherbant, puis son vin retrouve ses lettres de noblesses.

Si vous êtes malades dans les montagnes russes, ne soyez pas vigneron à Cahors (pas pendant 1000 ans en tout cas, sinon ça va).

Mais alors pourquoi tous ces revirements ?

On y fait du vin depuis longtemps et la bonne réputation vient très vite. On le surnomme même « Vin Noir » (Black Wine pour les anglais, ça fait un peu personnage de Comics et ça c’est cool). C’est grâce à sa couleur sombre pour l’époque. Merci le Malbec (on y reviendra un peu plus tard). 

Cela lui confère un beau nom et est prisé par bon nombre d’amateurs. A l’époque les vins se gardaient mal, les bouteilles en verre n’existaient pas. Le seul vrai conservateur était le tanin naturel du vin. Et Dieu sait que dans le malbec il y en a. Idéal pour le transport à ce moment-là.

Or, le grand vilain Bordeaux qui est à l’embouchure du fleuve (Lot => Garonne => Gironde => Océan Atlantique) bloque l’expansion des vins de la région. Autant vendre son vin avant de laisser passer celui du voisin.

Le moyen de s’en sortir alors : produire différemment. Moins qualitatif mais plus de volume. S’en suivent des siècles où l’on a fait « pisser la vigne ». 

Peu importe la qualité tant qu’il y a l’ivresse.

Evidemment niveau image, c’est tombé très bas. La concurrence n’était plus le Bordeaux mais le Pays d’Oc. Ce qui n’était pas un compliment à ce moment-là.

Cahors

Le Renouveau

Puis arrivent des catastrophes naturelles (phylloxera, mildiou, gel…) qui ont fait réagir et changer les choses. Comme quoi mon prof de maths avait raison, moins par moins, ça fait plus.

Adieu Ô cépages sans qualité, vous êtes éliminés du Cahors Wine Game et la sentence est irrévocable (AH !).

Faites place au seigneur de ses bois (sans soif), le malbec.

1 cépage

Le malbec

Parlons un peu de ce dernier, il a des noms différents selon où l’on est (pour toujours passer incognito en cas de contrôle d’identité).

Auxerrois à Cahors (viendrait du nom d’un lieu-dit « haute-serre »), Malbec à Bordeaux (du nom de la personne qui le distribuait à l’époque dans le Médoc, imaginez le bordel s’il s’était appelé M. Pinot), côt en Loire et ailleurs (issu d’une cacographie multiple), Noir de Pressac à Libourne (nom d’un autre distributeur en rive droite), etc…

Comme quoi, même là, les bordelais ont pris le dessus.

Un cépage qui a redonné ses lettres de noblesse à une appellation qui le mérite.

Avec terroirs (des sols) de qualités exceptionnelles et une nouvelle génération qui cherche à faire des vins de grande qualité, ça donne un cocktail qui détonne ! (Plus par plus, ça fait définitivement plus, merci Madame Royale).

un vin idéal pour l’intersaison

 

Malbec Cahors
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Un quasi passe-partout

 

Est du coup c’est bon?

Désormais Cahors, c’est bon c’est bon !

Du fruit, de la fraicheur et de la finesse pour les vins venant de la vallée du Lot.

Puissance, tanins et richesse venant des vins des Causses du Quercy.

Tout est une bonne occasion pour ouvrir une (demi) bouteille de Cahors.

Petite pensée au Château Lamartine qui fait un super boulot avec ses hectares situés en vallée.

Ça nous fait donc un beau vin qui… Si vous avez bien retenu vous avez déjà la réponse, sinon rendez-vous en boutique 😉

 

La bise et le bécot (non Covidé) du Blaireau.

Un blaireau et du vin

Un blaireau et du vin
Raconteur d'histoire viticole FreeLance

Après avoir recherché l’excellence et les 20/20, je suis désormais en quête du superbe et goûte vin sur vin. Découvrir, apprendre; questionner et déguster n’est jamais vain. Modestement je vous parle de ce breuvage des plus divins.

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